L’église

 

L’église Saint Antoine possède une seule nef avec un  clocher au-dessus du porche. Les 10 vitraux de la nef et du chœur représentent des saints avec leur nom en latin (sauf pour le Christ, Ste Vierge et Ste Radegonde qui ne sont pas nommés). Saint Antoine est présent sur un vitrail et par deux statues (St Antoine de Padoue et St Antoine-ermite ; lequel donne son nom a l’église ?).

Seule la cloche est classée aux monuments historiques, par l’arrêté du 4 juillet 1991. Elle porte l’inscription en latin « St Gabriel priez pour nous l’an 1488 ». Elle viendrait de la commune voisine de Conore . Elle a été restaurée en 2011.

Cette nouvelle église a été bénite le 28 janvier 1852 selon l’abbé André Leclerc dans son « Dictionnaire historique et géographique de la Haute-Vienne » (fin 19ème siècle).

L’ancienne église était située dans le vieux bourg, sur un terrain « confrontant ( ?) au jardin de Lamargueritte Jacques et à deux chemins publics qui vont du bourg au cimetière ; terrain qui sera vendu par la suite. Elle a été détruite par l’ouragan de 1844, qui a fait également des dégâts agricoles (toitures, arbres tombés, cultures dévastées ; la liste des dommages est conservée aux Archives Départementales).

Il semble qu’elle avait déjà besoin de travaux puisque un impôt extraordinaire sur 4 ans avait été voté en 1841 (soit 3 ans auparavant).

En attendant que l’église soit reconstruite, une grange (appartenant à M Couty) est utilisée pour « la célébration des affaires divines », que la commune refusera d’ « approprier », voulant réserver ses ressources à la future construction.

C’est dans les archives des délibérations du conseil municipal que l’on trouve la mention, lors de la séance du 23 février 1845, de plans et devis pour la construction de la nouvelle église, pour un montant de 14330,47 Francs. Le projet de financement y est précisé :

  • 2000 Francs d’impôt extraordinaire (cf ci-dessus)
  • 2000 Francs de souscription auprès des propriétaires de la commune
  • 4000 Francs d’impôts (je pense qu’il s’agit d’un prêt : « la commune s’impose de 4000 Francs ») à partir de 1846 et remboursable 1000 Francs par an (il est mentionné lors de la séance du 23 août 1846 que le remboursement sur 4 ans serait impossible à réaliser et que sur 6 ans se serait mieux)
  • Des fonds du gouvernement, selon l’engagement du Préfet.

 

Le nouvel emplacement ne sera choisi qu’en 1847 et probablement acquis en 1848 pour la somme de 945 Francs. Le choix se porte sur le terrain « les Perières » appartenant à M Chareyron. C’est un « terrain compris entre la bat du jardin de Pierre Bureau, le tracé de la nouvelle route, le chemin qui va de l’ancienne église à Chez Daugère ».

Je n’ai pas trouvé la mention de la fin des travaux, mais quelque litiges avec l’entrepreneur. Je n’ai pas non plus trouvé mention de la construction du presbytère dans ce même laps de temps.

La gestion temporelle de l’église (id-est la gestion quotidienne des petites dépenses) est prise en charge par une Fabrique, afin de décharger le curé et impliquer la population locale. Le conseil de Fabrique réunit le curé, le maire et plusieurs membres élus ; à Chamborêt  il était de 7 personnes en tout. Il tient les comptes et budgets de la Fabrique.

Les archives conservent les comptes de 1812, de 1892 à1895, de 1903 à 1906. On y trouve les sommes perçues : pour la location des bancs et chaises, les services religieux (mariages etc… ) les frais d’inhumation , les dons….. Ensuite viennent les sommes déboursées : cire, encens, pain et vin, blanchissage, gage des sacristains et des enfants de chœur, entretien des meubles, assurance …..). Par exemple en 1892 les recettes s’élèvent à 170,85 Francs dont 40,85 de location de bancs ; les dépenses sont de 160,35 Francs dont 22,95 Francs d’huile et éclairage.

La fabrique disparaît à partir de 1907 suite à la loi du 9 décembre  1905 relative à la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

En application de cette loi a été rédigé, par le sous-inspecteur de l’enregistrement assermenté, un inventaire des biens paroissiaux, signé à Chamborêt le « 1er mars 1906 à trois heures du soir », en présence de Edouard Bourinat, Curé, du vicomte Roger de Villelume, propriétaire à Corrigé et trésorier de la Fabrique, Jean-Pierre Mosnier président du bureau des Marguilliers (bureau de la Fabrique).

On y distingue les biens de la commune de ceux de la Fabrique.

En 1906, la commune est donc propriétaire de l’église qui a une contenance de 200 à 203 m2 et une valeur approximative, avec le presbytère, de 7000 francs. Figurent sur la liste des biens communaux :

  • Une cloche avec sa charpente et sa corde
  • Des fonts baptismaux en pierre blanche
  • Une balustrade en fonte séparant le chœur de la nef
  • Deux petites grilles en fer à droite et à gauche de l’entrée
  • Un bénitier en granit
  • Des vitraux offerts par la famille de Villelume (représentant : St Martial, Ste Marie-Magdeleine, Ste Radegonde, Ste Vierge, St Antoine, St Joseph, St Jean-Baptiste, St Paul, le Christ, St Pierre, St louis)
  • Deux autels en bois (St Antoine l’ermite, la Ste Vierge)

Les balustrades et grilles en fontes ainsi qu’un autel en bois mentionnés ne sont actuellement plus dans l’église (détruits ? vendus ? rangés ailleurs ?).

La liste des biens de la Fabrique (qui est plutôt longue) cite tableaux, statues, lampes, chaises, vases, ostensoir, chandeliers, linge (aubes, nappes…), corbeilles, balais, porte-manteaux, etc….

Il n’y a actuellement aucun tableau, ni confessionnal, ni harmonium, cités dans l’inventaire ; et seulement 3 statues y figurent.

De nos jours, la commune propriétaire de l’église est en charge de son entretien. Elle fait appel aux services d’une entreprise spécialisée pour l’entretien de l’horloge et de la cloche.

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Sources : Archives Départementales Haute-Vienne : Chamborêt 8V21 ; E dépôt 33/D3 ; E dépôt 33/P1